exposition à L'Atelier du Coin

vernissage vendredi 13 janvier 2012 exposition du 13 janvier au 4 février 2012


Les valets, dessins à la bombe, 21 x 29,7, 2012

exposition à l'artothèque Idéograf à St Etienne - Vernissage le samedi 3 décembre à 11h30









Texte de Pierre Rochigneux

Une savante naïveté se tient dans l’objet manufacturé, passé en machine, fut-elle un four et brut aussi comme savent être bruts et précis un rivet, un pont, sa rivière. L’objet et l’autre objet, en complices, auront à tendre les cloisons, à nous y attirer, seront plats pour être espace, seront couleurs pour s’y pavaner sans la fierté du paon, pas assez jolis pour faire le beau, il n’est pas question de démonstrations séduisantes et de parade au plus offrant, plutôt d’hésitations et d’affirmations dans la même matière, la même construction, dans ce montage. Ces formes, appelons ces objets des formes, auront été pensées, la main les interprètera, auront alors été découpées de façon précaire et précise comme sont disposées les étoiles dont on croit les dessins pour les avoir appris, afin de les nommer ; à nous spectateurs d’y voir ou d’y reconnaître, de les penser en ressemblance ou pour ce qu’elles sont, indépendantes et nouvelles et complétées par d’autres formes indépendantes et nouvelles encore, on y verrait aussi de la musique, l’oeil est taquin. Tigres de papier, d’autres formes sont de ce même bois, ont en elles l’éphémère, seront posées, auront été vues, seront arrachées, c’est que le temps vient se poser et que l’usure des choses et des espaces est liée à la disparition évidente : ça parle et s’en va. Ainsi plus une matière est dure et plus elle est fragile, plus elle est travaillée et plus elle se doit d’être modeste, le ton péremptoire ira se faire voir ailleurs.


Vues de l'exposition à la Vigie jusqu'au 14 janvier 2012


LLLL, faïence


vue d'ensemble, faïence


Pièces bleues et blanches, faïence


3 terre cuites, avec une peinture d'Alain Doret à droite


faïence et porcelaine


Deux pièces en faïence, à droite, une peinture d'Alain Doret


Papier collé


Papiers collés


Papiers collés, au sol, des céramique de Lucie Bitunjac, derrière une peinture sur bois de Lucie Bitunjac

Découpez vos morceaux de patron en laissant une petite marge autour (suite)



vue dans l'atelier
acrylique sur papier, 200 x 90 cm
2011

111







111, acrylique et mine de plomb sur cartonnette, 20 x 20 cm, 2011

Article de Pascale Nobécourt dans la Revue de la Céramique et du Verre, janvier-février 2011



Flavie Cournil, l’air de rien


Flavie Cournil, 32 ans, vit et travaille à St Etienne. Avec trois bidules et un soupçon de grâce, elle offre une source fraîche d’images et sensations nourries de joie enfantine.

Accrochée au mur à hauteur du regard, elle saute aux yeux, forçant à s’approcher.Toute simple et rose dans le brouhaha de l’ensemble des œuvres sélectionnées pour la Biennale de Vallauris entreposées là en attendant l’aménagement final. Tiens, une pièce qui murmure, se dit-on, ravi de cette soudaine éclaircie musicale.Cinq arches, d’une dizaine de centimètres chacune découpées à la hâte dans de la porcelaine, peintes d’engobes rose et blanc façon Chamallow et disposée sur une petite étagère de bois clair. Comme cinq diapasons qui réveillent la note de l’enfance, le la-la-la d’une chanson pleine de jambes roses à chaussettes blanches, l’histoire des cinq fers à cheval du bonheur retrouvé ou du palais sucré mais un peu de guingois du Prince de Rien ne voulant régner sur rien, heureux en son royaume des petits riens, idiot, sensible, humain.
« Faut-il demander à la poésie d’être efficace ? » interrogeait dans l’un de ses dessins Flavie Cournil en 2001 à la fin de ses études aux Beaux-Arts de Limoges. A l’époque, ce sont plutôt les livres d’artistes qui la monopolisent, des petits volumes pas plus grands que la main, qu’elle conçoit, fabrique et diffuse sous le nom des Editions de la Petite Cuisine. « Je suis rentrée aux Beaux-Arts pour apprendre à dessiner, mais ce n’est pas là qu’on apprend la technique, c’est plutôt une école de la débrouillardise. J’y suis restée car cela m’a ouvert à l’art, à tout un tas de choses dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Après, j’ai voulu faire une formation céramique à Sèvres, mais j’étais trop vieille. »
De cette succession d’actes manqués, Flavie Cournil – qui admire l’art de Richard Tuttle – a su tirer parti : le manque de connaissance technique s’est métamorphosé en économie de moyens revendiquée, servant un vocabulaire volontairement restreint tant au niveau des formes que des couleurs.
Assistante de plusieurs artistes (Carole Benzaken, Philippe Favier, Coline Fabre) au fil des dix dernières années, elle à flirté d’un savoir faire à l’autre sans jamais rentrer dans aucun « métier ». Beaucoup de matériaux lui passent entre les mains. En naissent des ensembles de pièces en bois, plâtre, chaux, verre… souvent présentés en installation. Flavie Cournil apprécie la porcelaine pour sa densité et sa façon particulière de prendre la couleur. L’artiste n’a jamais autant fait de céramique que depuis qu’elle a eu la surprise d’être retenue au concours de la Biennale de Vallauris. « Je ne me sentais pas très légitime ». Les œuvres sélectionnées, issues de la série des Formes Plates, démarrée en 2005 ont été regroupées sous le titre Une belle pièce du service. Fruits d’une mise en œuvre aussi facile que rapide, épaisses de deux millimètres, elles portent la trace du pinceau et sont cuites au four électrique. « Jaime que la matière, la forme et la couleur soient une seule et même chose ».
Leur pouvoir d’évocation tient dans l’utilisation d’un répertoire de motifs – ronds, carrés, rectangles, demi-cercles ou losanges…- que l’on retrouve à la base de toutes les cultures. « Ce sont des formes abstraites mais pas intimidantes, elles nous sont familières. »
Avec le Matériel de Plage, elle parvient en quatre éléments muraux blancs cernés de bleu marine, à faire surgir en nous la sensation guillerette, ensoleillée, chaleureuse d’une journée d’été au bord de la mer. « J’ai envie de cela soit gai, positif. En même temps, il y a un côté de guingois, un peu défaillant d’une géométrie où la règle aurait dérapé. C’est l’aspect poétique des choses. »
À l’opposé d’un art spectaculaire, Flavie Cournil propose un art du peu qui cherche un rapprochement, « une espèce de tutoiement affectueux » avec l’autre. C’est simple, mais pas simpliste, discret mais présent. Et puis frais, modeste et bienveillant.

Pascale Nobécourt

Sans titre



Sans titre, 21 x 15 cm, 2007, acrylique et paraffine sur papier